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Chapitre 37Succomber ou resister ?

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:56:57
Chapitre 37Succomber ou resister ?

Angie coulisse la porte pour la fermer. Je fronce les sourcils.

— Je préférerais que tu ne fermes pas la porte.

— Je préfère quand elle est fermée, réplique-t-il d’emblée.

Je croise les bras et soupire pour lui signifier que je ne suis pas d’accord avec lui. C’est incroyable, il lui suffit d’une phrase pour trouver le moyen de me contredire ! Comment allons-nous réussir à communiquer calmement l’un et l’autre, si nous ne sommes déjà pas d’accord quant au fait de fermer ou non une porte ?

Angie croise les bras et s’adosse contre la porte, le regard rivé sur un point au-dessus de moi. Généralement, quand il fait ça, c’est qu’il est perdu dans ses pensées. Je me laisse alors lourdement retomber sur mon lit, les bras étalés de part et d’autre de ma tête, fermant les yeux pour ne plus avoir à croiser cette lumière éblouissante. Un sourire ne tarde pas à faire son apparition sur mon visage. Je sais pourquoi il est ici. Du moins, je crois avoir ma petite idée. Il est venu pour me présenter ses excuses. Il n’y a que dans ces moments-là qu’il se comporte ainsi. Mais ravaler sa fierté le temps de faire amende honorable semble être, pour lui, un véritable parcours du combattant.

— Bon, tu me réveilleras lorsque tu auras trouvé comment t’excuser, baillé-je.

Je me tourne sur le côté et cale mes mains sous ma joue, prête à retrouver le sommeil.

— À t’entendre, on pourrait croire que tu lis dans mes pensées, argue-t-il.

— Je commence à te connaître… Ou alors, j’ai effectivement lu dans tes pensées ! répliqué-je.

Angie ne dit rien. La pièce redevenant calme et silencieuse, je me demande même s’il n’est pas parti. C’est alors que j’entends ses pas se rapprocher de moi. Mon cœur réagit immédiatement et se met à cogner de plus en plus fort. Le lit se creuse à ma gauche. Je rouvre les yeux et roule sur le côté afin de faire face à Angie, allongé à côté de moi. Je m’appuie sur un coude et ne peux m’empêcher de laisser traîner mes yeux sur son corps étendu. Il a fermé les paupières et croisé ses bras derrière la tête. Il a l’air si paisible. Mais que cherche-t-il, au juste ?

— J’adopte ta manière de faire, me répond-il, un sourire en coin. Je me pose et je réfléchis.

— Tu veux bien arrêter de lire dans mes pensées ? m’offusqué-je, le frappant sur le ventre.

Je réprime un petit « aïe » et porte ma main meurtrie contre moi. Angie, lui, rigole ! Je le fusille du regard.

— Si c’est comme ça que tu comptes combattre la Démone et ses trénones, tu devrais sérieusement songer à t’entraîner davantage. Parce que tes coups de poing ne valent rien, ajoute-t-il, un stupide sourire moqueur au visage.

— Ce n’est pas drôle, arrête de rire ! Dis-moi plutôt pourquoi tu es là.

Le Leader cesse de se moquer et se redresse. Il se positionne face à moi. Se résignant à vouloir croiser mon regard, que je lui refuse, Angie soupire et se passe une main nerveuse dans ses cheveux blonds. Ils semblent plus courts, je crois qu’il les a coupés.

— Je te l’ai dit, je suis là pour mon sommeil. Avec tous ces regrets, je n’arrive pas à dormir.

Il s’arrête un court instant, avant de reprendre :

— Je regrette ce que je t’ai dit. Je ne le pensais pas.

— Alors… pourquoi l’as-tu dit ?

Il secoue la tête de droite à gauche.

— Je n’en sais rien. C’est sorti tout seul, mes mots ont dépassé ma pensée. Mais je pense que tu peux le comprendre, ajoute-t-il.

Je sens mes joues chauffer lorsque je me rends compte qu’il n’a pas tout à fait tort. Quand je suis en colère, je ne contrôle plus ce que je dis, je me laisse emporter par mes émotions. Et bien souvent, je regrette mes paroles.

— C’est un reproche ? demandé-je.

— Une constatation.

Cette fois-ci, je relève mes yeux sur lui. Il semble content de sa petite réplique. Il esquisse un sourire en coin et braque son regard aigue-marine dans le mien, ce qui me pousse à dévier une fois de plus mon attention ailleurs. J’observe sa veste en cuir, toujours présente sur ses épaules. C’est à croire qu’il ne la retire jamais. Cela me rappelle de nouveau ce jour, au Jardin Abyssal, où il avait accepté de répondre à quelques-unes de mes interrogations.

— Si je te pose des questions, est-ce que tu y répondras ? le questionné-je, hésitante.

— Tout dépend de tes questions.

— Pourquoi n’as-tu pas voulu me dire qu’Isaac était le garçon dont tu t’étais occupé à la Marque pendant deux ans ?

Angie tressaille. Il me regarde, les sourcils légèrement froncés, se demandant probablement comment diable je suis au courant.

— C’est Isaac, dit-il, la mâchoire serrée. C’est Isaac qui t’a tout raconté ?

— Oui, affirmé-je, mais pas de la manière dont tu le penses. C’était à l’Isolement. Il cherchait à me changer les idées, alors il m’a raconté l’histoire d’un garçon qui lui avait sauvé la vie à la Marque. Il ne m’en aurait jamais fait part s’il ne t’avait pas cru mort. J’ai commencé à avoir quelques doutes, mais rien de bien certain, jusqu’à ce que tu évoques le sauvetage d’un garçon dans ta jeunesse. Pourquoi n’avoir rien dit ?

— Parce que ça ne te concernait pas, réplique-t-il d’un ton cinglant.

— Angie, je sais très bien que c’est faux. Tu t’inventes des excuses ! Je vois bien qu’il y a une autre raison pour laquelle tu tiens à garder le silence ! Tant pis si tu ne veux pas m’en dire plus, je finirai par découvrir la vérité tôt ou tard ! Même si je préférerais l’apprendre par toi.

Il serre les poings. Je ne lâcherai rien. Je veux qu’il comprenne qu’il peut me faire confiance. Plusieurs minutes s’écoulent sans que l’un de nous deux ne parle. Et finalement, le Leader finit par céder.

— Très bien.

Lorsque mon visage s’éclaircit d’un sourire satisfait, ses yeux me fusillent sur place. Je me mords la lèvre inférieure pour ne pas rire. Il est si peu habitué à perdre, il faut bien que quelqu’un lui apprenne.

— Isaac t’a raconté comment nous nous sommes rencontrés, mais je pense qu’il ne t’a pas dit comment nous nous sommes perdus de vue, commence-t-il, la mâchoire serrée. Tout s’est déroulé le jour où la Démone a lancé des armées entières de trénones. On a été pris au dépourvu, ce qui a fait de ce jour l’un des plus meurtriers que le royaume n’ait jamais connu. Et on a tous pensé qu’Harmonie était de retour, moi le premier. Jamais je n’aurais pu imaginer qu’elle avait eu une fille et que c’était elle qui se cachait derrière ce bain de sang !

Il s’interrompt un court instant. Moi, je ne perds pas une miette de ce qu’il me dévoile enfin.

— Quand les trénones ont été lâchés dans mon village, c’était un véritable chaos. Les gens couraient dans tous les sens, ils se bousculaient, se piétinaient les uns les autres pour sortir le plus vite possible des rues envahies par les monstres. Quand l’alarme s’est déclenchée, je n’étais pas chez moi. J’étais dehors, en train d’acheter à manger pour Isaac, dit-il, un faible sourire se dessinant sur son visage. J’avais pris dans mes économies pour que mes parents n’en sachent rien. Par manque d’argent, ils avaient refusé de l’héberger.

Il ferme les yeux quelques secondes, comme s’il tentait de mettre fin à des images qui lui revenaient subitement en mémoire. Lorsqu’il les rouvre, le vert de l’aigue-marine domine nettement le bleu. Et si j’en crois ma mémoire, cela veut dire qu’il culpabilise.

— Je savais que je n’aurais pas le temps de tous les sauver. C’était soit ma famille, soit Isaac, dit-il, les poings serrés.

— Lorsque tu m’as dit avoir perdu tes parents il y a quatre ans... c’était à cause de cette attaque, n’est-ce pas ? deviné-je.

Il hoche la tête et poursuit son récit.

— J’ai choisi ma famille. J’ai couru jusque chez moi, mais je ne suis pas arrivé à temps. Du moins, pas pour mes parents. En revanche, j’ai pu sauver ma sœur, sourit-il tristement. J’ai réussi à nous faire sortir du village et à nous mettre en sécurité le temps que l’attaque arrive à son terme. Lorsque la nuit est tombée, j’ai attendu qu’elle s’endorme pour pouvoir retourner au village. Je n’avais jamais vu autant de corps de toute ma vie, murmure-t-il. Il y en avait partout, et tout ce sang... et cette odeur de mort. Je crois que je n’oublierai jamais cette odeur.

Il déglutit.

— J’ai dû traverser le village entier pour me rendre à la Marque. Et quand je suis arrivé au repaire d’Isaac, il n’y avait plus rien. Tout ce que j’avais bâti avec lui était détruit. J’ai passé la nuit à arpenter les chemins de la Marque, mais au fond, j’étais persuadé qu’il n’avait pas survécu. Je ne l’ai pas retrouvé. Et lorsque le jour a commencé à se lever, j’ai dû me rendre à l’évidence, il ne restait plus que ma sœur et moi. Je suis alors parti avec elle… J’étais loin de me douter qu’Isaac avait survécu, lui aussi. Je l’ai abandonné aux mains de la Démone, Evalina ! Si seulement j’avais su qu...

— Tu n’y es pour rien, le rassuré-je. Tu ne pouvais pas savoir, Angie, ce n’est pas ta faute.

Le Leader secoue la tête. Il se sent coupable, voilà pourquoi il refusait de me raconter cette histoire. Mais ce n’est pas sa faute ! Angie avait un choix à faire, et il a choisi sa famille. N’importe qui aurait fait pareil. Et puis, ce n’est pas comme s’il n’était jamais retourné à la Marque pour chercher Isaac. Lorsque ce dernier a reconnu Angie à la Galerie et qu’ils sont ensuite sortis pour discuter entre eux, nul doute qu’Isaac a dû faire comprendre au Leader qu’il ne lui en voulait pas. Alors, pourquoi culpabilise-t-il toujours ?

— Parce qu’ici, on nous apprend qu’il existe toujours une autre solution, me répond-il. Je suis sûr que j’aurais pu en trouver une, et je ne peux pas m’empêcher d’y repenser.

Je m’abstiens de lui faire remarquer qu’il vient, une fois de plus, de lire dans mes pensées. Lorsqu’il est trop près, il peut entrer dans ma tête sans que je ne m’en aperçoive... Je décide donc de me lever afin d’instaurer une distance entre nous.

— Tu as fait tout ce que tu pouvais ! Il faut simplement que tu réussisses à te pardonner, ajouté-je.

— Tu t’es éloignée, remarque-t-il soudainement, un petit sourire en coin.

— N’essaie pas de changer de sujet, on parlait de toi.

— Ça a assez duré. Si on parlait plutôt de toi, maintenant ? dit-il en se levant.

Il commence à faire un pas dans ma direction. Mon cœur rate un battement. Je n’aime pas du tout l’expression qu’il affiche sur son visage.

— Je vois parfaitement ce que tu essaies de faire, et ça ne marchera pas.

— Ça, j’en doute, réplique-t-il en s’approchant de moi.

— Tu essaies de ramener les choses à moi parce que tu n’aimes pas parler de toi, deviné-je. C’est dommage, c’était plutôt bien parti, pour une fois.

— Pourquoi recules-tu ?

— Pourquoi changes-tu de sujet ?

Je heurte le mur. Un frisson glacé me parcourt alors le corps tout entier. J’ignore s’il est dû au contact froid du mur contre ma peau, ou bien à Angie qui ne cesse de combler la distance entre nous. Peut-être un peu des deux. Ce dont je suis sûre, c’est que s’il continue ainsi, il ne va pas tarder à me faire perdre tous mes moyens.

— Arrête de t’avancer, le supplié-je.

Mais fidèle à lui-même, il persiste et ne s’arrête que lorsque son mètre quatre-vingt-cinq me domine. Que cherche-t-il ? À m’intimider ?

— Pourquoi ferais-je une chose pareille ? s’offusque-t-il.

— Arrête de lire dans mes pensées !

— Arrête de t’avancer, arrête de lire dans mes pensées, énumère-t-il. Tu ne veux pas non plus que j’arrête de respirer, tant que tu y es ?

— Je n’osais pas te le demander, mais puisque tu insistes...

Angie se met à rire franchement. Je le fusille du regard.

— Je n’en crois pas un mot, murmure-t-il, plantant fermement son regard dans le mien.

— Non, mais sérieusement, Angie ! m’énervé-je. Comment ferais-tu si tu n’avais plus de pouvoirs ?

— Aucune idée, me répond-il en haussant les épaules. Cesse de te poser ce genre de questions inutiles, ce n’est pas comme si ça pouvait arriver.

— J’espère qu’un jour ton côté présomptueux se retournera contre toi !

Cette fois-ci, Angie reste silencieux. Il est venu pour s’excuser, c’est chose faite. Ou presque. Il ne l’a pas dit mot pour mot, mais il m’a fait comprendre qu’il regrettait la façon dont il s’était comporté avec moi. Alors pourquoi refuse-t-il encore de partir ? Allez, va-t’en ! Va-t’en, va-t’en, va-t’en ! J’espère qu’il est branché sur mes pensées, parce que le message est on ne peut plus clair. Il hoche légèrement la tête, comme pour me dire qu’il a bien capté le message. Mais il reste là, devant moi, à me dévisager sous toutes les coutures. Son regard vire au rouge et se promène sur mon visage. Encore ce rouge. À quoi peut bien correspondre cette couleur ?

— Je peux te poser une question ?

— Tu peux toujours essayer.

Je lève les yeux au ciel.

— C’est une des particularités des Surnaturels d’avoir la couleur des yeux qui change selon son humeur ?

Son regard brille d’une lueur que je ne parviens pas à déchiffrer.

— Presque, affirme-t-il. C’est aussi une particularité des monels. De tous ceux qui peuplent Réturis, en fait. Les tiens aussi changent de couleur.

Les miens ? J’ignorais que je pouvais faire comme eux. Visiblement, cela ne se ressent pas. Si la couleur est liée aux émotions, je ne peux donc rien faire pour les empêcher de changer.

— Quand tu es heureuse, tes yeux verts s’éclaircissent et deviennent presque dorés, poursuit-il. Quand tu es triste, ils virent au gris. Et lorsque tu es en colère, ils sont plus foncés que d’ordinaire. Alors, quand tu me demandes d’arrêter d’avancer mais que tes yeux ne deviennent pas vert foncé, je le prends comme une invitation à continuer.

Il sourit en me défiant de répliquer. Et moi, je me sens rougir de honte. Depuis tout ce temps, il savait que si j’avais beau lui dire d’arrêter, cela ne me déplaisait pas pour autant. Je ne sais plus où me mettre.

— Les yeux rouges quand vous n’utilisez pas vos pouvoirs, c’est censé signifier quoi ? l’interrogé-je, désireuse de changer de sujet.

— Je ne suis pas sûre que tu veuilles entendre la réponse.

— Pourquoi tes yeux sont-ils rouges, en ce moment ? insisté-je.

— Pourquoi poses-tu constamment des questions ?

Je pousse un soupir.

— Tu vois comme c’est énervant, reprend-il d’un ton moqueur.

Il se rapproche encore un peu plus et embrase tout mon corps d’un simple regard. Je suis tétanisée sur place, entre le mur et lui.

— Le rouge est la couleur de la passion, murmure-t-il. Une émotion très forte qui va à l’encontre de la raison. Par exemple, tu auras beau trouver dix mille raisons de me détester, tu ne pourras pas empêcher tes yeux de devenir rouges à l’instant où je te parle.

Quoi ? Il pose ses mains contre le mur, de part et d’autre de ma tête. Je me retrouve alors prisonnière entre ses bras. Mes mains deviennent moites et lorsqu’il rapproche son visage du mien, mes jambes se mettent à trembler sans que je ne puisse les contrôler. Le Leader ferme les yeux durant un court instant, et lorsqu’il les rouvre, ce que j’y vois me coupe définitivement la respiration. Un orange flamboyant domine ses pupilles.

— Tu ne me demandes pas ce que la couleur orange signifie ? articule-t-il d’une voix rauque.

Je secoue la tête à la va-vite.

— Non, et j’aimerais que tu arrêtes.

— Ça ne marche pas comme ça. Je ne peux pas ordonner à mes yeux de retrouver leur couleur d’origine, m’explique-t-il. Ou alors, il faudrait que tu sortes de cette pièce.

Je fronce les sourcils, redoutant la suite de son explication. Je crois savoir ce qui va suivre…

— Le orange est la passion dans son état maximal. Il signifie quelque chose de plus intense. Le désir, si tu préfères.

Je suis clairement incapable de compter les battements de mon cœur par seconde. Je reste plantée là, face à lui, les yeux grands ouverts et la respiration coupée.

— Je ne suis pas venu ici uniquement dans le but de m’excuser, avoue-t-il d’une voix profondément grave. Je te veux, Evalina. J’en ai plus qu’assez de te laisser filer entre mes doigts.

Il rapproche son visage du mien, et je ferme les yeux. Je n’arrive pas à croire qu’il ait dit une chose pareille. Qu’il me veut, moi. Son souffle chaud caresse mon visage, signe que ses lèvres ne sont qu’à quelques millimètres des miennes. Son nez effleure le mien et m’envoie une onde de choc à travers tout le corps. J’ai l’impression que je vais me consumer sur place. Succomber ou résister ? Je ne sais pas ce que je dois faire. Je ne sais pas si je peux lui faire confiance, si ce ne sont que des paroles d’une nuit, si la tension qui se ressent est réelle, si je dois lâcher prise ou non. Je ne sais strictement rien.

— Merde, miss. Tu penses trop.

Et sans que j’aie mon mot à dire, il plaque ses lèvres contre les miennes. Mes mains s’agrippent automatiquement à son tee-shirt. Succomber. Nos lèvres s’écartent l’espace d’un instant, avant de se retrouver, comme des aimants. Son baiser est plus doux que la dernière fois. Mais tout aussi intense. Il retire ses mains du mur pour venir les poser délicatement sur les contours de mon visage. Mes doigts glissent le long de son torse et effleurent ses muscles et ses abdominaux à travers son tee-shirt. Le désir est si fort que je n’ai qu’une seule envie. Le lui arracher.

Je remonte mes doigts à hauteur de ses épaules, faisant glisser progressivement sa veste en cuir noir. Il lâche mon visage pour m’aider à écarter son blouson. Quand celui-ci tombe finalement à terre, ses mains viennent se positionner au creux de mes hanches, m’envoyant d’agréables petits frissons dans le dos. Et lorsqu’il se met à mordiller ma lèvre inférieure, je ne résiste pas bien longtemps. Je lui offre ce baiser qu’il semblait attendre depuis longtemps. Je lâche prise. C’est une explosion de sens. L’impression qu’il n’y a plus que nous deux dans ce monde. Je m’agrippe à son cou, désirant le rapprocher de moi encore plus qu’il ne l’est déjà. Je laisse mes doigts glisser sur la peau nue de ses bras.

Si l’envie me prenait, je pourrais même refaire l’inventaire de ses tatouages. Mais pour le moment, je m’en fiche éperdument. Je pose mes mains sur son torse et sens la vitesse folle à laquelle son cœur bat. Il semble effectuer la même chorégraphie endiablée que le mien. J’en profite pour faufiler mes mains sous son tee-shirt. Les muscles de ses abdominaux se contractent à la seconde même où ma peau effleure la sienne. Angie soupire et agrippe un peu plus fort ma taille. Ses doigts se promènent maintenant eux aussi sous mon débardeur. Son contact m’électrise de toute part. Ils caressent la peau nue de mon ventre, me poussant à lâcher un gémissement imprévu. Je passe mes bras à hauteur de son cou, et avec assurance, ses mains agrippent l’arrière de mes cuisses et me soulèvent. Son baiser devient soudain plus intense. J’enroule mes jambes autour de sa taille. Je ne veux pas qu’il y ait le moindre espace de libre entre nous. Comme si nous ne formions qu’un.

Lorsque mes doigts s’emmêlent à ses cheveux blonds, ses mains se crispent sur mes cuisses. Il m’attire un peu plus contre lui, son torse me dominant par la force brute qu’il dégage. La respiration du Leader est saccadée. Il interrompt notre baiser pour enfouir ses lèvres au creux de ma nuque et y déposer une pluie de petits baisers. Je laisse ma tête chavirer sur le côté. Je tourbillonne dans un nuage de plaisir. J’ouvre délicatement mes paupières pour plonger mon regard dans le sien, mais je capte un détail dans le décor devant moi qui n’était pas là tout à l’heure. Lorsque mes yeux croisent ceux d’une petite silhouette brune dans l’encadrement de ma porte, mes doigts se crispent sur les épaules d’Angie. Je manque presque lui enfoncer mes ongles dans la peau.

— Ethan ?

Angie s’immobilise et retire ses mains de mes cuisses. Je pose mes pieds sur le parquet et ramène mes bras le long de mon corps, l’esprit en ébullition. Depuis combien de temps Ethan est-il ici ? Angie se retourne vers le petit garçon, l’air un peu mal à l’aise. Il ne sait pas très bien comment réagir, et moi non plus. Une seule question me trotte dans la tête. Ethan a-t-il vu toute la scène ? Celui-ci nous observe avec de grands yeux écarquillés, son doudou glissant de ses doigts jusqu’au sol.

— Ethan... Qu’est-ce que tu fais ici à une heure pareille ?

— J’ai fait un cauchemar, me répond-il de sa petite voix tremblante. Tu m’as dit que je pouvais dormir avec toi quand je faisais des cauchemars !

— Euh... oui, bien sûr ! Mais là... je... euh...

— Tu étais occupée à embrasser ton amoureux ! finit-il pour moi, un sourire malicieux éclairant son visage enfantin. Je l’ai vu te faire des bisous dans le cou ! Berk !

Je retiens un soupir de soulagement. Manifestement, s’il n’a retenu que les bisous dans le cou, c’est qu’il n’est pas ici depuis très longtemps. Je m’écarte avec regret du Leader pour venir ramasser le doudou d’Ethan. Ce dernier le reprend, sans cesser de m’observer avec de grands yeux. D’un geste de la tête, je lui fais signe de me suivre sur le lit.

— Attends-moi là, Ethan. Je n’en ai pas pour longtemps, je reviens tout de suite.

— Où tu vas ?

— Simplement raccompagner Angie, dis-je, faisant rapidement comprendre à ce dernier de quitter la pièce.

Le Leader s’exécute. Je m’apprête à lui emboîter le pas, mais Ethan me retient par le bras.

— Non, t’en va pas !

— Je te promets que je vais revenir, et tu pourras me raconter ce méchant cauchemar pour que je le fasse fuir avec un gros câlin ! D’accord ?

— Non, moi je veux retourner dans le Jardin des Habits Sales ! J’aime bien les fleurs, ajoute-t-il.

Cette fois-ci, je ne peux pas m’empêcher d’éclater de rire. Ce môme est irremplaçable.

— Ethan, je te l’ai déjà dit, c’est le Jardin Abyssal. A-bys-sal ! répété-je, détachant chaque syllabe consciencieusement. Tu n’as qu’à l’appeler le Jardin des Mystères, si tu préfères !

Ethan sourit à cette idée et hoche la tête. Il se traîne jusqu’aux oreillers et cale son doudou contre son cou. J’attends quelques secondes, le temps que ses paupières se ferment, puis je me relève silencieusement et rejoins Angie dans le couloir. J’ai l’impression d’avoir basculé d’un univers à un autre en une fraction de seconde. Il y a un instant, j’étais attendrie par l’image d’Ethan et de son doudou, et maintenant, je sens que mes hormones ont repris le dessus.

— Je n’ai rien contre Ethan, mais s’il nous interrompt une troisième fois, je ne suis pas sûr de rester calme, annonce soudain Angie, ses yeux reprenant peu à peu une couleur aigue-marine.

C’est vrai que si Ethan ne nous avait pas interrompus au Jardin Abyssal la dernière fois, c’est probablement là qu’aurait eu lieu notre premier baiser. Il s’en souvient. Je rougis rien qu’à cette pensée. Angie esquisse un sourire et rapproche son visage du mien, hésitant à quelques millimètres de ma bouche. Finalement, il glisse sur le côté et presse ses lèvres contre ma joue. Ce n’est peut-être qu’un simple petit baiser, mais la sensation qu’il produit dans mon corps est inexplicable. Son nez effleure mon oreille lorsqu’il me murmure :

— Merci.

— Pour-pourquoi ? bredouillé-je.

— Je vais pouvoir dormir, maintenant.

Il s’écarte, les yeux luisant d’une intense couleur rouge, puis il me tourne le dos et rejoint sa chambre. Lorsqu’il fait coulisser la porte, je soupire et m’adosse contre la mienne, tentant vainement de retrouver un rythme cardiaque décent. Cet homme m’en fait voir de toutes les couleurs. Ce soir, j’ai ressenti des choses que je ne me pensais même pas capable de sentir. J’ignore où tout cela va me mener. Mais j’ai bien envie de le découvrir.

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Chapitre 5Lueur rougeJe suis réveillée par des éclats de voix. J’ai aussitôt le réflexe d’ouvrir les yeux, mais ma tentative échoue et me rappelle que je suis toujours prisonnière de mon corps. Je m’applique donc à tendre l’oreille afin de capter le nombre d’individus présents dans la pièce, ain

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Chapitre 4EnfermeeMon corps est tellement lourd… Je suis allongée sur ce qui me semble être un lit. Je peux sentir la soie des draps sous mes mains et la douceur de l’oreiller sous ma tête. Seulement, je ne peux pas en avoir la certitude. Mes yeux refusent catégoriquement de s’ouvrir. J’ai beau

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